Anorexie : caractéristiques, symptômes et traitement

L'anorexie est un trouble alimentaire grave, qui implique une perception déformée de l'image et du poids, ainsi qu'une peur irrationnelle de prendre du poids.
Anorexie : caractéristiques, symptômes et traitement
Bernardo Peña

Rédigé et vérifié par Bernardo Peña dans 17 juillet, 2021.

Dernière mise à jour : 17 juillet, 2021

L’anorexie est un trouble caractérisé par une perception déformée de l’image corporelle. Les personnes éprouvent la sensation d’être grosses, même lorsqu’elles sont extrêmement minces (American Psychological Association, 2011).

Elle se caractérise par la restriction de la nourriture, surtout si elle a un niveau calorique élevé. En effet, le régime est limité à certains aliments. De plus, dans certains cas, l’exercice est pratiquée de manière excessive, puisque le seul objectif est de perdre du poids. La perte de poids peut être progressive. De cette façon, le corps s’adapte au nouvel état de malnutrition.

Anorexie : généralités

L’anorexie peut commencer entre 13 et 18 ans. Cependant, l’âge moyen de son apparition est en baisse, ce qui est inquiétant. En effet, des cas de patients âgés de 9 et 10 ans commencent à apparaître. La perte de poids corporel est niée dans son intégralité. Elle est donc comprise comme un manque de sensibilisation à la maladie.

Une jeune adolescente qui voit son corps déformé dans le miroir.

En général, son évolution est variable. Autrement dit, chez certains patients, le développement de la maladie n’est que partiel et une solution est trouvée sans compromettre la sphère physique et mentale. En revanche, dans d’autres cas, le problème devient chronique, avec un risque plus important pour la santé.

L’anorexie, professionnellement appelée anorexie mentale, se subdivise en deux types :

  • Anorexie restrictive. Les anorexiques restrictifs se distinguent par leur résistance au signal de la faim. Ils n’utilisent généralement pas d’autres substances comme les diurétiques ou les laxatifs. Et n’ont pas recours aux vomissements.
  • Anorexie purgative. Elle présente une certaine similitude avec la boulimie. La personne alterne entre des périodes qui vont de la frénésie alimentaire aux vomissements ou à l’abus de substances purgatives. Elles utilisent souvent la frénésie alimentaire pour réduire la sensation de faim.

Anorexie : les causes du trouble

La genèse de l’anorexie passe par divers facteurs, parmi lesquels l’insatisfaction vis-à-vis de l’image corporelle, en conjonction avec des difficultés personnelles ou sociales. Selon les chercheurs Méndez, Vázquez-Velazquez et García-García (2008), il existe quatre facteurs essentiels au déclenchement ou à la prédisposition à l’anorexie :

  • Le facteur biologique ou génétique qui supporte la moitié du fardeau du développement d’un comportement alimentaire inapproprié.

L’hérédité affecte huit fois plus de personnes qui ont un membre de leur famille atteint de ce trouble, ou qui ont un métabolisme plus rapide que les autres.

Une femme triste à côté d'une balance;

L’indice de masse corporelle fait également partie de l’héritage. Enfin, d’autres facteurs génétiques qui contribuent à l’évolution de l’anorexie sont les troubles de la personnalité, la tendance à l’obésité, la vulnérabilité émotionnelle ou le trouble obsessionnel compulsif.

  • Facteur social : les médias valorisent continuellement la minceur comme une composante associée au succès.

On sait que les métiers où il y a la plus forte pression pour les idéaux de beauté sont ceux où l’image est ce qui se vend le plus. Par exemple, des mannequins, des danseuses, des femmes d’affaires, etc.

Il existe une nouvelle norme de beauté qui est promue et médiatisée dans le monde entier, entraînant une augmentation progressive des comportements alimentaires inappropriés.

Autres causes

  • Facteur familial : les problèmes familiaux sont souvent étroitement liés au développement de troubles alimentaires.

La dynamique familiale joue un rôle fondamental dans l’anorexie. En effet, un lien non sécurisé peut déclencher son apparition. Manque de communication, manque de soutien affectif, insécurité dans l’autonomie, faible estime de soi… Ce sont des situations qui surviennent au sein du noyau familial qui incitent à des troubles du comportement alimentaire.

  • Facteur psychologique : il provient de pensées ou d’idées récurrentes sur la perception de l’image physique, qui conduit à une idée d’être gros, produisant une pensée obsessionnelle sur la conception de la minceur.

Anorexie : symptômes cliniques

Les principaux symptômes cliniques de l’anorexie sont les suivants :

  • Chez la femme, l’aménorrhée, principale caractéristique d’un trouble de l’alimentation.
  • Au niveau cardiovasculaire, existence possible d’une insuffisance cardiaque due à une diminution de la pression et de la fréquence cardiaque.
  • Chute de cheveux, ongles fragiles.
  • Fatigue entraînant une fatigue constante.
  • Anémie.
  • Puberté retardée.
  • Absence d’intérêt sexuel.
  • Perte musculaire et faiblesse.
  • Dommages cérébraux.
  • Déshydratation.
  • Insuffisance rénale.
  • Problèmes métaboliques.
  • Infertilité.
Symptômes de l'anorexie.

D’autre part, il y a les conséquences au niveau psychologique qui s’accompagnent généralement de symptômes d’anxiété, dont la phobie sociale et la tendance à l’isolement. De plus, dans ces cas, les événements sociaux où il y a une probabilité de manger sont généralement évités.

La dépression, les troubles du sommeil, une faible estime de soi et l’insécurité peuvent survenir. Par ailleurs, des sentiments de culpabilité, de frustration ou de dévalorisation, une diminution de la concentration et une tendance au perfectionnisme sont fréquents comme mécanisme pour exiger un plus grand contrôle sur soi-même.

Anorexie : critères de diagnostiques

L’American Psychiatric Association (APA), à travers son manuel de diagnostic, le DSM-5, fournit les critères diagnostiques suivants pour l’anorexie :

  • Restriction de l’apport, conduisant à un poids corporel significativement faible dans le contexte de l’âge, du sexe, de la trajectoire de développement et de la santé physique. Une insuffisance pondérale significative est définie comme un poids inférieur au minimum normal ou, pour les enfants et les adolescents, inférieur au minimum attendu.
  • Une peur intense de prendre du poids ou de devenir obèse. Cette peur est persistante et interfère avec une éventuelle prise de poids, même lorsqu’elle est significativement faible.
  • Une altération de la perception du poids, de la taille ou de la silhouette corporelle. Mauvaise auto-évaluation de son propre poids et manque de reconnaissance de la gravité de l’insuffisance pondérale actuelle.
Une femme anorexique qui mange un morceau de pomme.

Le sous-type doit être spécifié :

  • Restrictif : Au cours des trois derniers mois, la personne n’a pas eu recours à des crises récurrentes de frénésie ou de purge (c’est-à-dire des vomissements provoqués ou une mauvaise utilisation de laxatifs, de diurétiques ou de lavements).
  • Purgatif : Au cours des trois derniers mois, la personne a eu des crises récurrentes de frénésie ou de purge (c’est-à-dire des vomissements provoqués ou une mauvaise utilisation de laxatifs, de diurétiques ou de lavements).

Traitement de l’anorexie

Ci-dessous, nous examinons en détail en quoi consiste le traitement de l’anorexie. Pour faciliter sa compréhension, nous le divisons en sections :

1. Généralités du traitement de l’anorexie

Avant de commencer à parler du traitement de l’anorexie, il convient de noter qu’il s’agit d’un trouble grave et potentiellement mortel. Par conséquent, il est nécessaire de créer une alliance thérapeutique solide avec le patient, basée sur l’empathie, la prise en charge positive et l’accompagnement à tous les niveaux.

Cependant, il peut être très complexe et frustrant pour les nouveaux thérapeutes de travailler avec des personnes qui ne reconnaissent pas leur maladie et qui ont des rechutes constantes de leur maladie. Pour cette raison, des compétences spécifiques sont nécessaires pour traiter ces cas, ainsi qu’une longue expérience pour pouvoir le faire correctement.

2. Objectifs généraux du traitement de l’anorexie

Une femme anorexique devant une assiette de légumes.

Comme il s’agit d’un trouble complexe, un travail d’équipe est nécessaire entre médecins, psychiatres et psychothérapeutes. Selon le guide pour le traitement des patients souffrant de troubles alimentaires (American Psychiatric Association, 2006), l’ordre de traitement de l’anorexie est le suivant :

  1. Retrouver un poids santé. Chez la femme, cela implique le redémarrage des menstruations et de l’ovulation. Chez l’homme, le redémarrage du désir sexuel et des niveaux hormonaux normaux.
  2. Traitement des complications physiques. Ceux-ci incluent des symptômes liés à la famine, ainsi que des réactions physiologiques lors de la réalimentation.
  3. Motivation accrue à participer au programme de traitement.
  4. Éducation psychologique sur les saines habitudes alimentaires et la nutrition.
  5. Identification des attitudes, des pensées et des croyances dysfonctionnelles, des conflits et des sentiments qui soutiennent le trouble de l’alimentation.
  6. Arrangement de psychothérapie pour traiter les troubles émotionnels liés à l’alimentation.
  7. Mobilisation du soutien familial et recours à la thérapie familiale, si nécessaire.
  8. Prévention de la rechute.

3. Traitement: le processus de rétroaction

En raison de la famine, l’objectif initial est de restaurer le poids. Au cours du processus de rétroaction, les sentiments d’apathie du patient peuvent commencer à disparaître.

En général, le patient anorexique sera terrifié à l’idée de prendre du poids. Il faut donc travailler avec ses émotions. Au stade de la restauration du poids, de nouveaux aliments avec suffisamment de calories et de besoins nutritionnels seront introduits.

L’état physique du patient doit être surveillé, car des complications physiologiques peuvent survenir lors de la réalimentation. Aussi, un examen dentaire est recommandé pour évaluer les dommages causés par les vomissements.

4. Traitement psychologique

Une femme en consultation chez une psychothérapeute.

Le traitement psychologique de l’anorexie a les objectifs de traitement suivants (Sue, D., Sue, DW, Sue, S., & Azuara, SD, 2010):

  1. Comprendre et coopérer avec la réadaptation nutritionnelle et physique.
  2. Identifier et comprendre les attitudes dysfonctionnelles liées aux troubles alimentaires.
  3. Améliorer le fonctionnement interpersonnel et social.
  4. Traiter les conflits psychopathologiques et psychologiques comorbides qui renforcent le comportement du trouble.

La thérapie comportementale corrige efficacement la préoccupation irrationnelle avec le poids. De plus, elle encourage une prise de poids contrôlée grâce à des techniques de renforcement positif. Ces renforcements sont programmés en fonction de l’idiosyncrasie de chaque patient. En revanche, les régimes pour prendre du poids, visent à prendre 1 kg par semaine, environ.

Une fois que le patient a pris le poids correspondant à son groupe normatif, il peut procéder à un traitement ambulatoire et à une thérapie familiale. D’autre part, le psychiatre pourrait prescrire des antidépresseurs dans cette phase, pour améliorer les résultats du traitement.

5. Thérapie familiale

La thérapie familiale est très importante dans le cadre du traitement de l’anorexie. Impliquer les parents dans le rétablissement de leurs enfants poursuit les principaux objectifs suivants :

  1. Ils aident à nourrir leur enfant grâce à la planification des repas.
  2. Ils atténuent les dévalorisations en sachant que l’anorexie mentale est une maladie grave.
  3. Les parents négocient un nouveau modèle de relations familiales, plus ouvert et moins conflictuel.
  4. Ils aident leur enfant dans le processus de développement de la séparation et de l’individuation.
Thérapie de groupe.

En résumé, changer les modèles de communication familiale dysfonctionnels, ainsi que fournir un soutien émotionnel au patient est très important pour son rétablissement. En effet, la famille doit savoir que le trouble du patient n’est pas volontaire et soudain. Il s’agit effectivement d’un trouble avec des implications et des conséquences graves pour la santé physique et émotionnelle.

Anorexie : conclusion

Nous pouvons conclure que l’anorexie est un trouble alimentaire grave. Elle doit donc être prise en charge par une équipe de santé pluridisciplinaire qui aide le patient à retrouver son poids, son équilibre émotionnel, ses habitudes et à restaurer ses relations sociales et familiales.

Enfin, nous insistons sur le fait que le traitement ne sera ni court ni simple et qu’il pourrait comporter des cycles de rémissions et de rechutes. Par conséquent, la persévérance et le travail continu sont nécessaires.

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  • Méndez, J. P., Vázquez-Velazquez, V., & García-García, E. (2008). Los trastornos de la conducta alimentaria. Boletín Médico del hospital infantil de México65(6), 579-592.
  • Peña-Herrera, B. (2018) Psicopatología General. Samborondón: Universidad Espíritu Santo – Ecuador.
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