Troubles psychologiques : quels sont-ils et comment se manifestent-ils ?

Définir l'anomalie est quelque peu difficile et complexe. Par contre, définir l'anomalie comportementale pour diagnostiquer un trouble mental est beaucoup plus simple.
Troubles psychologiques : quels sont-ils et comment se manifestent-ils ?
Bernardo Peña

Rédigé et vérifié par el psicólogo Bernardo Peña dans 17 juillet, 2021.

Dernière mise à jour : 17 juillet, 2021

La psychopathologie est le domaine d’étude qui se concentre sur l’anomalie ou les troubles psychologiques. La psychiatrie et la psychologie s’en nourrissent. De cette façon, ils concentrent leur objet d’étude sur des modèles comportementaux, cognitifs et émotionnels en dehors de la “normalité”.

Dans cet article, vous découvrirez ce que sont les troubles psychologiques, comment ils se manifestent, ce qui est considéré comme la normalité et les principes qui régissent la psychopathologie.

Qu’est-ce que la normalité ?

Définir ce qui est normal d’un point de vue psychologique est compliqué et controversé. Or, selon la RAE, la normalité est celle qui par nature se conforme aux règles fixées à l’avance. Elle sert ainsi de règle générale à appliquer dans un contexte donné.

Une femme qui saute.

Concernant le fonctionnement psychosocial, plusieurs critères doivent être remplis pour qu’un comportement soit qualifié de « normal » :

  • Critère normatif : malgré la variété des comportements humains, il existe régulièrement certains schémas qui se répètent au sein de la population générale. Par conséquent, ces modèles de comportement seraient utilisés pour définir la normalité.
  • Statistique : un comportement doit être comparé quantitativement au groupe socioculturel auquel appartient l’individu. 
  • Pathologique : ce qui n’est pas nocif est considéré comme normal. Par conséquent, l’anormal ou le pathologique serait le nocif ou le dysfonctionnel.

Troubles psychologiques ou anomalie

L’anomalie ou les troubles psychologiques font référence à des modèles de comportement qui diffèrent considérablement de la normalité susmentionnée. En fait, il existe également des critères d’anomalie du fonctionnement psychosocial :

  • Souffrance ou angoisse personnelle : par exemple, lorsqu’il existe un état émotionnel douloureux ou négatif, fort et prolongé qui peut devenir incapacitant. De plus, il peut s’accompagner d’une multitude de symptômes physiques.
  • Déficience : elle survient lorsque les niveaux de détresse sont exacerbés à un point où des déséquilibres surviennent dans leur environnement au niveau professionnel, social et familial.
  • Irrationalité ou incompréhensibilité : on considère un comportement anormal car, de l’extérieur, il est étrange ou difficile à comprendre. Par exemple des hallucinations.
  • Comportement social et culturel inacceptable : lorsque le comportement n’est pas cohérent, ni lié au contexte social dans lequel il se développe.
  • Risque et danger : lorsque la personne se comporte de manière à se blesser ou blesser autrui.
  • Violation des codes idéaux et moraux : si le comportement est en conflit avec les valeurs de la société.
Une personne maquillée qui ouvre grand les yeux.

Principes généraux de la psychopathologie

La psychopathologie, comme nous l’avons dit plus haut, étudie l’anomalie ou les troubles psychologiques. De plus, elle est régie par des principes clairs :

  1. Aucun critère seul, ou isolément, n’est suffisant pour définir un comportement, un sentiment ou une activité mentale comme déviant, anormal ou psychopathologique.
  2. Aucun comportement, émotion, sentiment ou activité cognitive n’est en soi psychopathologique.
  3. Avoir une psychopathologie représente un obstacle sérieux pour le développement individuel ou pour le groupe social le plus proche.
  4. Les éléments qui définissent une cognition ou un comportement comme pathologique ne diffèrent pas de ceux qui définissent la normalité, sauf en termes de degré, d’extension et de répercussions.
  5. La présence d’une psychopathologie n’entraîne pas une absence nécessaire de santé mentale puisque, comme nous l’avons analysé précédemment, il s’agit d’un concept plus large.
  6. La santé n’implique pas l’absence de maladie.

Causes des troubles psychologiques

Examinons maintenant les trois principales causes de troubles psychologiques :

  • Biologique : il est important de considérer que des événements biologiques peuvent être à l’origine de l’état de la personne. L’objectif est de trouver des explications génétiques ou fonctionnelles. Par exemple, l’hypothyroïdie du patient pourrait-elle causer une dépression ?
  • Psychologique : dans cet aspect, les expériences personnelles passées qui peuvent être à l’origine du comportement actuel sont prises en compte. Par exemple, la manière d’interpréter les expériences ou le déficit de régulation émotionnelle.
  • Social : l’environnement socioculturel de la personne est très important car il participe à son développement. Parmi les causes socioculturelles peuvent figurer des problèmes avec certains cercles sociaux, le travail, etc.
Thérapie de groupe.

Troubles psychologiques et facteurs culturels

Certaines maladies apparaissent dans toutes les cultures (universelles) et d’autres non (culturelles). Par exemple, en Amérique du Sud, il existe un trouble appelé frayeur basé sur des symptômes d’anxiété (irritabilité, insomnie, phobies, aspects somatiques, etc.). La culture déterminera en grande partie l’explication de cette maladie.

Par exemple, les peintures seront réalisées par des personnes soumises à la magie noire et à la sorcellerie. On considère que la peur est causée par le mauvais œil et doit être guérie par la magie et la sorcellerie. Cela montre que la culture influence la forme et le contenu du trouble. Selon l’endroit, la définition du trouble psychopathologique change.

Rôles de genre

Les rôles de genre font souvent une grande différence dans les troubles psychologiques. Ainsi, d’après les standards, une femme crie et pleure si elle a peur. Cependant, les hommes expriment leurs émotions différemment, de manière plus agressive ou en consommant de l’alcool.

Une femme qui a peur de la foule.

Facteurs de risque et de protection contre les troubles psychologiques

Cela fait référence au moment où une relation significative existe entre un trouble ou une déviation du comportement et des éléments géographiques, environnementaux et sociaux. Connaissant les facteurs de risque, nous pouvons éviter les troubles.

  • Âge : les patients plus jeunes et plus âgés sont plus susceptibles de souffrir de troubles psychologiques.
  • Etat civil : les personnes célibataires, divorcées ou séparées sont plus susceptibles de souffrir de troubles psychologiques.
  • Éducation : plus le niveau d’éducation est élevé, plus la probabilité de souffrir de troubles est faible.
  • Revenu : plus le niveau de revenu est élevé, moins il est possible de souffrir de pathologies mentales.
  • Condition de travail : les personnes qui travaillent sont moins susceptibles de souffrir de troubles psychologiques.
  • Soutien social : le plus grand nombre d’amis et de soutien social agit comme un facteur de protection contre les troubles.
  • Ajustement conjugal : plus la satisfaction conjugale est élevée, plus la probabilité de souffrir de troubles psychologiques est faible.
Un homme en thérapie chez un psychologue.

Troubles mentaux et résilience

De nombreuses personnes traversent des moments difficiles, pénibles, des situations extrêmes (comme des catastrophes naturelles, la mort de membres de la famille, un danger de mort, etc.).

Ces situations inoculent une forte charge de stress au sujet, ce qui peut conduire à une psychopathologie. Dans ces cas, la résilience est définie comme la capacité à gérer ces situations et à surmonter la souffrance qu’elles génèrent grâce à des mécanismes d’adaptation psychologique positifs.

Les personnes résilientes sont donc moins susceptibles de souffrir de maladie mentale. Il convient de noter qu’il est possible d’apprendre à être plus résilients, comme le montre la psychologie positive.

Principaux troubles psychologiques

Les principaux troubles psychologiques sont répertoriés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) et dans la Classification internationale des maladies (CIM-11). Les deux sont des manuels qui vous permettent de catégoriser et de classer les comportements anormaux afin de faire des diagnostics professionnels.

Une femme bipolaire agressive.

Par conséquent, certains des principaux troubles psychologiques sont les suivants :

  • Troubles de la personnalité.
  • Troubles dépressifs.
  • Spectre de la schizophrénie et d’autres psychoses.
  • Troubles neurodéveloppementaux.
  • Troubles anxieux.
  • Les troubles bipolaires.
  • Troubles sexuels, paraphilies et dysphorie de genre.
  • Troubles de l’alimentation.
  • Dépendances.
  • Troubles liés aux traumatismes et autres facteurs de stress.
  • Troubles psychosomatiques.

Conclusion

En conclusion, pour les psychologues, définir la normalité est difficile et complexe. Cependant, définir une anomalie ou des troubles mentaux est beaucoup plus simple.

De cette façon, les facteurs internes et externes doivent être pris en compte afin de considérer un comportement comme anormal ou perturbé.

Par ailleurs, il existe des troubles psychologiques universels et culturels. Il ne faut donc pas négliger l’importance du moment historique et du contexte culturel dans la création de réalités complexes et, parfois, déviées de la norme.

D’autre part, il existe des manuels qui collectent et classent les principaux troubles mentaux, tels que le DSM-5 et la CIM-11. Cependant, de nombreux professionnels critiquent la rigidité excessive et, parfois, l’arbitraire, de ces manuels.

Enfin, de nos jours, nous accordons plus d’importance aux approches basées sur la santé, la résilience et, de manière générale, la psychologie positive. Il ne s’agit plus tant de classer les faiblesses ou ce qui est anormal, mais de connaître et de mettre en œuvre les forces de l’être humain.

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