Que se cache-t-il derrière les chatouilles?

Les chatouilles génèrent des réactions involontaires qui nous font rire. Voyons ce qui se cache derrière cette sensation.
Que se cache-t-il derrière les chatouilles?

Écrit par Josberth Johan Benitez Colmenares, 13 septembre, 2021

Dernière mise à jour : 13 septembre, 2021

Les chatouilles sont un phénomène social très important dans la vie d’une personne. Dans l’enfance, par exemple, il représente l’un des premiers liens affectifs entre le bébé et ses parents. À l’adolescence et à l’âge adulte, c’est un lien qui permet de resserrer les liens entre amis et partenaires. Bien qu’il s’agisse d’une sensation si courante, très peu de gens savent pourquoi cela se produit.

Notre objectif dans les prochaines lignes est de vous expliquer en détail pourquoi nous ressentons des chatouilles. Nous vous présentons également quelques faits intéressants à leur sujet. Par exemple, pourquoi certaines personnes ne développent pas cette sensation, comment se fait-il que vous ne puissiez pas l’auto-induire et pourquoi certaines zones sont plus sensibles que d’autres.

A quoi correspondent les chatouilles?

Une femme qui rit aux éclats.

La première chose que vous devez savoir est que, même parmi les chercheurs, les chatouilles restent un mystère. Nous ne connaissons que partiellement les mécanismes cachés, et leurs fonctions restent un sujet de débat. Les chatouilles se produisent lorsque les terminaisons nerveuses de la peau réagissent et envoient des messages au cerveau afin qu’il produise une réponse.

La réponse est alors automatique. Vous ne pouvez pas décider volontairement de rire ou non, même si nous ne rions pas tous avec des nuances identiques. La sensation est telle que nous en ressentons même les séquelles avant que les chatouilles commencent (en principe par conditionnement).

Par ailleurs, des études montrent que les chatouilles stimulent l’hypothalamus. De même, que les caractéristiques du rire qu’elles entraînent sont différentes de celles du rire social (par exemple, lors d’une blague ou d’une situation hilarante). Ces dernières sont davantage liées au plaisir, tandis que les premières au plaisir puis à la douleur.

Concernant les chatouilles, sachez qu’à travers l’histoire, elles ont été utilisées comme méthode de torture ou de punition. Les condamnés étaient exposés à des séances de plusieurs heures au cours desquelles il n’était pas rare qu’ils subissent un arrêt cardiaque ou une autre affection entraînant la mort. “Mourir de rire” n’est donc pas qu’une expression figurative.

Fonctions possibles de cette sensation

Les fonctions des chatouilles ont créé des fleuves d’encre parmi les experts. Le débat est toujours ouvert, il n’y a donc pas de consensus parmi les spécialistes. Certes, nous savons que ce n’est pas une sensation typique des êtres humains. Des études et des recherches ont montré que les rats et certains primates réagissent presque de manière identique à ces stimuli.

La première fonction attribuée à cette sensation est sociale. Comme nous l’avons expliqué au début, les chatouilles sont un rituel très courant entre les parents et leur bébé. Les nouveau-nés commencent à réagir aux stimuli de ce type vers l’âge de 6 mois.

En ce sens, il s’agit d’un mécanisme pour renforcer le lien entre les parents et les enfants. Mais ce n’est pas tout. De nombreuses zones sensibles à la sensation sont également des zones érogènes. Il est très courant que les chatouilles fassent partie du flirt ou des préliminaires. Elles peuvent être, de cette façon, un moyen d’obtenir un partenaire et de se reproduire.

En plus de l’hypothèse sociale, une autre hypothèse prétend qu’elles sont en fait un mécanisme de défense. Étant donné que les zones chatouilleuses sont vulnérables et que la réaction est la peur, l’anxiété, la tension puis la douleur, il est probable qu’il s’agisse en fait d’une méthode d’avertissement évolutive pour protéger le corps.

Types de chatouilles

Contrairement à ce que l’on peut penser, toutes les chatouilles ne se ressemblent pas. D’une manière générale, les chercheurs distinguent deux types: knismesis et gargalesis. Les knismesis se caractérisent par de petites stimulations à la surface de la peau qui, sans générer de rire, produisent des effets divers sur le corps. Par exemple, elles s’accompagnent d’une sensation de démangeaison ou de spasme.

Ces types de réactions se retrouvent également dans le règne animal. Chez l’être humain, elles peuvent survenir en passant lentement une plume à la surface de la peau (ou dans les zones vulnérables). La gargalesis, quant à elle, survient avec une stimulation modérée ou intense et s’accompagne toujours de rires incontrôlables.

Comme nous l’avons expliqué, cette manifestation ne se retrouve que chez certaines espèces d’animaux (primates et rats). On sait que les terminaisons nerveuses impliquées dans ces deux phénomènes sont différentes, et pour cette raison les réactions diffèrent selon l’intensité de la stimulation. L’hypergargalesis correspond à des réactions intenses à des stimuli légers ou modérés.

Comme l’indiquent des études et des recherches, la sensibilité aux chatouilles dépend de divers facteurs. Votre humeur et votre volonté de rire facilement sont les plus importantes. C’est pourquoi on retrouve des personnes plus sensibles que d’autres aux chatouilles. Nous connaissons tous même quelqu’un qui semble être immunisé contre elles.

Les parties du corps les plus vulnérables

Chatouilles sur les pieds.

Malgré le fait que les chercheurs y ont consacré des heures de travail, on ne sait toujours pas pourquoi certains domaines sont plus sensibles que d’autres. Bien évidemment, il peut y avoir des variations chez les êtres humains. Les zones de vulnérabilité à cette sensation sont les suivantes:

  • La plante des pieds.
  • Les aisselles.
  • Les côtes.
  • Le cou.
  • Les paumes des mains.
  • L’abdomen.

On pense que la réceptivité de ces zones aux stimuli est due au fait qu’elles concentrent un plus grand nombre de terminaisons nerveuses. Cependant, de nombreuses zones du corps avec des concentrations élevées de terminaisons nerveuses ne sont pas sujettes à cette sensibilité après les stimuli.

Pourquoi ne réagissons-nous pas à nos propres chatouilles?

Tout ce qui précède nous amène à nous poser la question suivante: comment est-il possible que nous ne puissions pas nous chatouiller? Si nous connaissons les zones vulnérables, nous savons comment les stimuler, alors pourquoi est-il impossible pour une personne de se chatouiller?

Nous connaissons très bien la réponse à cette question. Les preuves indiquent que cela est dû à des prédictions autosensorielles de notre système moteur. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas agir dos à votre cerveau. Pour prendre un exemple, ce serait comme essayer de vous cacher quelque chose et espérer ensuite que vous ne le remarquerez pas.

C’est pour cette raison que certains médecins, lorsqu’ils tentent d’explorer des zones sensibles chez des patients chatouilleux, utilisent leurs mains comme guide pour tenter de tromper le cerveau. Cela peut affaiblir les réponses du corps.

Bien qu’à l’heure actuelle nous ne sachions pas tout ce qui se cache derrière cette réaction, nous connaissons très bien son mécanisme de base. N’oubliez pas que rire est sain pour votre santé.

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