Les psychobiotiques: quelle est leur utilité sur le système nerveux?

L'inclusion de psychobiotiques dans l'alimentation peut avoir un effet positif en réduisant le risque de développer des troubles liés au système nerveux.
Les psychobiotiques: quelle est leur utilité sur le système nerveux?
Saúl Sánchez

Rédigé et vérifié par el nutricionista Saúl Sánchez dans 19 mars, 2021.

Dernière mise à jour : 19 mars, 2021

Les psychobiotiques sont des bactéries qui, ingérées par l’alimentation, parviennent à établir un effet positif sur la santé du cerveau. Ces dernières années, la relation intestin-cerveau a été établie, affirmant que les changements dans le microbiote génèrent un impact sur le système nerveux.

De là , l’importance de certaines souches de probiotiques a été étudiée. Il a été démontré que bon nombre de ces bactéries sont capables de réduire le risque de développer certains troubles tels que la dépression, améliorant ainsi la qualité de vie d’un individu.

L’axe intestin-cerveau

L’une des découvertes les plus innovantes dans le domaine de la physiologie ces dernières années est la consolidation de l’axe intestin-cerveau. Il a été possible de montrer qu’il existe une connexion entre les deux organes, de manière à ce qu’ils puissent s’influencer mutuellement.

En effet, de nombreux processus anxieux sont liés à des altérations de la motilité intestinale, ce qui peut conduire à la diarrhée ou à la constipation.

En ce sens, générer des altérations positives du microbiote peut être un traitement efficace contre diverses pathologies de nature nerveuse. Il existe des preuves qui indiquent que la modulation de la flore intestinale peut empêcher les processus dépressifs, voire améliorer leur gestion.

De plus, certaines pathologies liées au vieillissement, comme la maladie d’Alzheimer, pourraient être prévenues en augmentant la perméabilité de la barrière intestinale. Ceci est indiqué par une étude publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease.

De cette manière, une modification du microbiote peut générer une réduction du nombre de composés bêta-amyloïdes toxiques qui passent dans la circulation sanguine. Ce qui est lié à une présence moindre de ceux-ci dans la masse cérébrale et à un risque plus faible de développer des problèmes neurodégénératifs..

Les psychobiotiques peuvent être efficaces pour aider à traiter diverses maladies du système nerveux.

Psychobiotiques pour traiter les pathologies cérébrales

Compte tenu de la relation susmentionnée, il a été proposé que la supplémentation en probiotiques pourrait être efficace pour prévenir et traiter un grand nombre de problèmes qui affectent le système nerveux central.

Les souches bactériennes capables de générer une influence sur la santé du cerveau sont appelées psychobiotiques. Toutes n’ont pas été en mesure de démontrer leurs effets à long terme dans des études sur de grands échantillons.

Certaines revues scientifiques, comme le Journal of Food and Drug Analysis, ont publié des résultats positifs sur l’utilisation des psychobiotiques dans le traitement des pathologies neurodégénératives.

Ces bactéries peuvent empêcher le développement de la maladie de Parkinson et d’Alzheimer. Les suppléments sont de plus en plus recommandés en prévention pour les patients ayant des antécédents familiaux.

Les bienfaits des psychobiotiques

Conformément à ce qui précède, les effets bénéfiques de l’inclusion de psychobiotiques dans le régime alimentaire peuvent être précisément établis. Tout d’abord, il convient de noter que ces bactéries peuvent améliorer la maîtrise de soi. En effet, de nombreuses souches de bactéries agissent en exerçant des changements sur les zones du cerveau qui contrôlent l’activité émotionnelle.

Ils peuvent également être utilisés dans le but d’améliorer la gestion des processus dépressifs. Plus concrètement, les bactéries du genre Bifidubacterium ont montré leur efficacité dans cette tâche.

Son apport régulier parvient à réduire les épisodes d’angoisse ou d’anxiété, améliorant la qualité de vie d’un patient et permettant moins de conditionnement dans ses activités quotidiennes.

Enfin, il faut noter que ces éléments génèrent un impact positif lorsqu’il s’agit de réduire le stress. Cette situation a non seulement un effet négatif sur la santé du cerveau, mais aussi sur le vieillissement et sur les fonctions d’autres organes.

Le système cardiovasculaire, par exemple, subit des conséquences indirectes d’une augmentation des niveaux de stress, augmentant ainsi le risque d’accidents à moyen terme.

Comment choisir correctement un psychobiotique?

Comme pour tout autre type de probiotique, le choix d’un psychobiotique nécessite quelques connaissances à ce sujet.

Comme ce sont des bactéries vivantes, il est essentiel de s’assurer qu’elles atteignent l’intestin dans un état fonctionnel. Ils pourront ainsi coloniser certaines parties du tube digestif et exercer leurs fonctions protectrices.

Le plus important est que le produit à consommer ait démontré ses effets dans une étude en double aveugle, randomisée et placebo. Il est également généralement recommandé qu’il ne contienne pas plus de deux souches différentes de bactéries. Sinon le nombre d’organismes de chaque type qui atteignent la zone cible sera réduit.

Dans le même temps, il est conseillé que le produit contienne au moins 10 8 bactéries ou unités formant colonie.

En revanche, la forme pharmaceutique dans laquelle il est présenté est importante. Il est judicieux d’acheter un supplément en gélules, car celles-ci sont capables de résister aux acides gastriques et d’empêcher la mort des bactéries à cet endroit.

Dans le cas de l’utilisation d’un produit en poudre, il peut être conseillé de le consommer avec un médicament de type antiacide, pour moduler le pH de l’estomac. Dans ce cas, il est également conseillé de le prendre après les repas, car les protéines et les lipides peuvent tamponner les acides gastriques.

D’autre part, l’ajout d’un prébiotique qui parvient à stimuler la croissance des bactéries incluses dans le produit peut également être envisagé. Les prébiotiques ne sont rien de plus que des fibres fermentescibles solubles.

Ceux-ci servent de substrat énergétique à de nombreux micro-organismes et génèrent des acides gras à chaîne courte à pouvoir anti-inflammatoire, très bénéfiques pour l’organisme.

Les aliments fermentés comme source de psychobiotiques

En plus d’un supplément, il est possible d’introduire des aliments fermentés contenant des bactéries ayant des capacités psychobiotiques à l’intérieur. C’est le cas des produits laitiers comme le yogourt ou le kéfir.

Ces types de produits contiennent des micro-organismes du genre Lactobacillus qui se sont avérés capables de générer un effet positif sur la santé du système nerveux central.

Ainsi, la consommation régulière de ces aliments est conseillée, toujours dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée. De plus, il est important d’assurer la consommation de fibres solubles. Cela peut être assuré en incluant des fruits dans l’alimentation et des céréales comme l’avoine.

En effet, les bêta-glucanes contenus dans ce dernier aliment peuvent exercer un effet modulateur bénéfique sur le microbiote, comme le souligne une recherche publiée dans The Journal of Nutritional Biochemistry.

Les psychobiotiques peuvent être trouvés dans certains aliments, comme le yogourt.

Les dangers des psychobiotiques

Malgré leurs effets bénéfiques, il existe un certain nombre de circonstances dans lesquelles les psychobiotiques ne doivent pas être administrés, car ils pourraient entraîner des résultats indésirables. Nous parlons du cas des personnes immunodéprimées.

Ces personnes peuvent développer une prolifération bactérienne dans l’intestin. Une situation à éviter car elle est négative pour la santé.

Même chez les personnes souffrant de dysbiose, il peut être nécessaire d’éviter ce type de bactéries, en faisant plus attention dans le choix des souches pour inverser ce processus. Tout cela en conjonction avec un protocole diététique qui limite, pendant un certain temps, l’apport de fibres.

Cela permet de détruire les micro-organismes nuisibles qui causent des problèmes et augmenter la population de ceux qui parviennent à exercer des avantages pour la santé.

Quoi qu’il en soit, avant de commencer un traitement avec des probiotiques ou des psychobiotiques, il convient toujours de consulter un spécialiste. Celui-ci peut recommander la manière la plus appropriée d’effectuer cette tâche, ainsi que le bon produit pour chacun des besoins individuels établis.

L’importance d’éviter les toxines

Outre l’inclusion des psychobiotiques dans l’alimentation, il est important d’apporter d’autres modifications pour améliorer la santé mentale et réduire le risque de développer des pathologies neurodégénératives à moyen terme.

Un exemple d’entre eux est d’éviter la consommation de substances toxiques telles que l’alcool. Les boissons qui contiennent cet élément génèrent un impact négatif sur le plan cognitif, non seulement temporairement, mais induisent également des blessures permanentes.

Ainsi, la consommation de boissons alcoolisées est associée à un risque accru de dépression et d’anxiété, ainsi qu’à une dextérité intellectuelle plus faible au fil des ans. En parallèle, elles sont également considérées comme un facteur de risque de développement d’autres pathologies complexes liées au cerveau ou à d’autres organes vitaux.

Il est important d’éviter certains éléments qui peuvent être présents dans l’alimentation quotidienne et qui ont un effet néfaste sur l’organisme. L’aluminium dans certains emballages, par exemple, pourrait augmenter le risque de maladie d’Alzheimer à long terme.

Le mercure, introduit dans le corps par certains gros poissons comme le requin, pourrait également s’accumuler dans le tissu adipeux causant des problèmes cognitifs.

Même certains additifs alimentaires peuvent avoir ce genre d’effets. Les aliments frais sont donc toujours recommandés. Il est important, dans la mesure du possible, d’éviter l’ingestion de produits de type industriel ultra-transformés.

Ceux-ci contiennent des nutriments, tels que des acides gras trans et des sucres, qui peuvent induire des changements négatifs dans le microbiote. À partir de là, la perméabilité et le nombre de composés bêta-amyloïdes qui atteignent le liquide céphalo-rachidien sont augmentés.

Les psychobiotiques, une nouvelle forme de traitement

Comme vous l’avez vu, les psychobiotiques sont une nouvelle façon de prévenir et de traiter de nombreux problèmes liés au système nerveux central. En ce sens, il est nécessaire de garantir la présence d’aliments fermentés dans l’alimentation. Il est également possible d’introduire un complément pour augmenter la présence desdites bactéries.

Dans tous les cas, il est toujours conseillé de se rendre chez un spécialiste pour obtenir des conseils précis sur le type de produit à acheter.

Gardez à l’esprit que tous ces éléments doivent être introduits dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée. Sinon, ils ne pourront pas exercer un effet positif sur le corps.

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