Comment surmonter la dépendance émotionnelle?

14 mars, 2021
This article has been written and endorsed by la psicóloga Laura Ruiz Mitjana
La dépendance émotionnelle, selon les experts, est une sorte de dépendance aux relations qui nous font souffrir. C'est une manière de se connecter à l'autre à partir du besoin d'être aimé et non du désir d'être. Apprenez-en plus sur ce concept et comment vous pouvez le surmonter!

Nous vivons dans une société où il est de plus en plus fréquent de rencontrer des personnes qui souffrent par amour, plongées dans des relations dans lesquelles elles ne sont pas heureuses mais qui, néanmoins, se sentent incapables de partir. Derrière bon nombre de ces relations, nous trouvons des personnes souffrant d’une forte dépendance émotionnelle.

Mais qu’est-ce que la dépendance émotionnelle? C’est une façon de créer des liens avec les autres par peur d’être abandonné. Comme si nous dépendions de cette relation pour être heureux.

Selon Valor et al. (2009), citée dans une étude de Rodríguez de Medina (2013), la dépendance émotionnelle est conçue comme une sur-dépendance dans une relation interpersonnelle, qui affecte la vision de soi et celle des autres. Que savons-nous de ce concept? Nous utilisons des voix d’experts sur le sujet pour répondre à ces questions.

Qu’est-ce que la dépendance émotionnelle?

Une jeune femme qui pleure.

La dépendance émotionnelle est cet attachement qui se produit dans les relations interpersonnelles et qui peut générer de réelles souffrances. Elle apparaît principalement dans les relations de couple, mais peut également se manifester dans d’autres types de relations.

La personne en dépendance émotionnelle ressent un grand besoin d’aider les autres et/ou de céder à certaines actions et/ou opinions. De plus, ces personnes peuvent présenter d’autres caractéristiques spécifiques, telles que:

  • Déficit de compétences sociales et de résolution de conflits.
  • Désir d’exclusivité envers d’autres personnes importantes.
  • Difficultés à prendre des décisions de groupe et/ou à fixer des limites.
  • L’amitié et l’affection peuvent devenir une source d’angoisse et de souffrance.

Dépendance émotionnelle selon un expert

Selon Silvia Congost, psychologue spécialisée dans les relations de couple, la dépendance émotionnelle et l’estime de soi, auteur de 9 livres traitant de ce problème, affirme que la dépendance émotionnelle est comme une addiction. Dans le domaine des couples, cela implique de nouer des relations avec des personnes par lesquelles nous nous sentons «piégés».

Ce sont généralement des partenaires qui ne nous correspondent pas car au fond ils ne recherchent pas la même chose que nous. Cependant, à travers la dépendance émotionnelle, comme l’affirme le psychologue, cela se transforme en relations qui nous font profondément souffrir, mais que nous ne pouvons pas quitter.

En effet, après de nombreuses relations toxiques, il existe une forte dépendance émotionnelle de la part d’un ou des deux membres du couple.

La dépendance crée la peur. Si je dépends de vous émotionnellement, psychologiquement ou spirituellement, je serai votre esclave et donc vous craindrai. Ce n’est pas une opinion, mais un fait.”

-Jiddu Krishnamurti-

Que ressent une personne dépendante?

Silvia Congost le résume de cette façon. Selon elle, une personne émotionnellement dépendante se trouve dans des relations qui ne la rendent pas heureuse, qui ne sont pas ce qu’elle veut, mais qu’elle ne peut pas quitter. Ce sont des individus qui se sentent incapables de rompre la relation.

Logiquement, cela les fait souffrir. Cependant, ils se sentent accro à cette «drogue» qui est généralement une relation basée sur des montagnes russes émotionnelles, avec des pics d’intensité très élevés et des «baisses» drastiques, jusqu’au prochain cycle d’adrénaline. En ce sens, ce sont souvent des relations orageuses.

Comment surmonter la dépendance émotionnelle?

Walter Riso (2013), docteur en psychologie spécialisé en thérapie cognitive et également expert en dépendance émotionnelle, a écrit plusieurs ouvrages traitant de cette problématique. À travers un bref guide proposé par le psychologue, nous trouvons une série d’idées clés pour surmonter la dépendance émotionnelle:

Être clair sur l’attachement et le détachement affectif

La première chose que propose Walter Riso est d’analyser la définition de ces concepts et de vérifier si nous savons clairement en quoi consiste la dépendance émotionnelle. Selon Riso (2013), l’attachement affectif est un lien mental et émotionnel (généralement obsessionnel) avec certaines personnes.

Ce lien découle de la croyance irrationnelle que la relation fournira de manière unique et permanente trois choses: le plaisir, la sécurité et la réalisation de soi.

Lorsqu’il s’agit de la dépendance émotionnelle, nous devrons revoir nos concepts et clarifier si nous sommes conscients ou non de ce que signifie la dépendance émotionnelle. Une fois que cela est fait, nous pouvons commencer à rechercher si nous sommes ou non dans une relation de ce type.

Reconnaître notre propre dépendance

La prochaine étape pour surmonter cet attachement inadapté dans les relations est de reconnaître notre propre dépendance émotionnelle. Selon Riso, la dépendance est un continuum. Vous pouvez souffrir plus ou moins d’attachement à votre partenaire selon que vous présentez plus ou moins certaines des caractéristiques déjà décrites.

Certaines d’entre elles comprennent:

  • Le besoin urgent d’être proche de l’être cher ou de ressentir l’amour la plupart du temps.
  • Abstinence manifeste, si les manifestations de l’affection ou de l’être cher ne sont pas disponibles.
  • Incapacité à contrôler la compulsion d’être avec l’être aimé.
  • Passer beaucoup de temps mental et physique à rester près du partenaire ou de l’objet amoureux.

Revoir notre propre histoire

La dépendance émotionnelle peut nécessiter une thérapie.

Souvent, la manière dont nous avons appris à nous rapporter à nos figures paternelles est celle qui détermine (ou influence) en grande partie la façon dont nous nous relierons à nos partenaires.

Nous ne voulons pas être alarmistes ici, car tout peut changer et fonctionner,. Toutefois, la vérité est que les premiers attachements de l’enfance influencent grandement notre façon de créer des liens à l’âge adulte.

Vous pouvez donc essayer de passer quelques minutes à réviser et à rédiger un journal sur la façon dont vous étiez enfant. Il ne s’agit pas de rentrer dans la souffrance, mais de saisir l’essentiel, de regarder quel type de carence vous aviez et de pouvoir travailler pour faire une «table rase». Cela peut également être réalisé grâce à une thérapie psychologique.

Séparer l’engouement de l’amour

Lorsque nous tombons amoureux, nous le savons tous, notre monde émotionnel devient très intense. Tout semble nouveau et fascinant, et nous pouvons être très attirés par des personnes qui ne sont peut-être pas faites pour nous. Mais tomber amoureux, c’est cela, «perdre» notre raison et se laisser emporter par l’émotion.

La neurochimie de l’amour est fascinante, car elle implique de multiples neurotransmetteurs et diverses endorphines, comme la dopamine ou la sérotonine. D’autre part, l’amour est un ensemble plus stable et régulier, composé d’attraction, de sexe, d’amitié, de communication, de tendresse et de douceur.

C’est quelque chose de beaucoup plus tranquille. C’est comme la construction saine d’une histoire et d’une relation déclenchée par le fait de tomber amoureux. Nous vous recommandons de faire ce petit exercice: essayez de séparer les deux concepts. Cela vous aidera à relativiser les choses et à mieux comprendre si vous êtes ou non dans un processus de dépendance émotionnelle.

Identifier les croyances irrationnelles

Derrière la dépendance émotionnelle, il y a de nombreuses croyances irrationnelles autour du concept d’amour, d’attachement, de liens… La plupart de ces croyances nous maintiennent ancrés dans la dépendance et, à leur tour, nous éloignent du réalisme affectif. Le réalisme affectif consiste à voir les choses telles qu’elles sont en matière d’amour.

Cela implique d’éliminer les préjugés et l’autotromperie que nous faisons souvent lorsque nous tombons amoureux. D’autre part, les croyances irrationnelles ont à voir avec cette autotromperie, avec la tendance à ne pas voir dire les choses telles qu’elles sont mais telles que nous voudrions qu’elles soient. Quelques exemples d’entre eux sont:

  • “Il m’aime mais ne s’en rend pas compte.”
  • “Il se séparera bientôt.”
  • “Ce n’est pas si horrible.”
  • “Au fond, il m’aime.”
  • “Je ne me souviens plus du mal.”

Ces croyances, à leur tour, se basent souvent sur des distorsions cognitives, qui sont des erreurs que nous commettons lors de l’interprétation de la réalité. Les distorsions cognitives génèrent de la souffrance, car elles «obscurcissent» la réalité, la déforment et nous empêchent d’agir objectivement.

Prendre des décisions

Une autre idée clé qui peut nous aider dans la lutte contre la dépendance émotionnelle est d’agir, c’est-à-dire de prendre des décisions. Si vous souffrez dans votre relation, alors demandez-vous ce que vous voulez faire de votre vie.

Voulez-vous vraiment être avec cette personne? Ou est-ce la dépendance qui vous rend «accro»? Que voulez-vous réellement? Réfléchissez-y et mobilisez-vous.

Sachez que, lorsque nous souffrons de dépendance émotionnelle, nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont réellement, et nous sommes très influencés par un grand nombre de croyances limitantes. N’oublions pas non plus que c’est une façon malsaine de créer des liens avec les gens.

Thérapie psychologique: une option

Une autre décision que vous pouvez prendre à ce stade est de demander l’aide d’un professionnel. Afin de pouvoir commencer à travailler sur d’autres moyens plus sains de créer des liens avec les autres.

C’est un chemin vers la prise en charge de soi et le réalisme affectif qui implique la construction de relations équilibrées, de «vous à vous», basées sur la liberté et l’amour, et non sur la peur d’être «abandonné».

Dépendance émotionnelle: Commencer à travailler sur soi

Et vous, souffrez-vous par amour dans vos relations? Il est probable qu’en réalité, vous souffrez de dépendance, puisque l’amour ne génère pas de souffrance, cet attachement insensé le fait.

Si vous sentez que votre façon de créer des liens avec les autres est basée sur la peur d’échouer, d’être abandonné ou trompé, au lieu de se baser sur le bonheur avec l’autre, de votre propre individualité, il se peut que vous soyez dans une relation dépendante.

Si telle est votre situation et que vous souhaitez apprendre d’autres façons plus saines d’établir des relations émotionnelles et d’amitié, nous vous recommandons de réfléchir à tout ce qui précède. D’un autre côté, entamer un processus psychothérapeutique peut également vous aider à construire des relations par amour et non par besoin.

Un chemin qui en vaut la peine

La route vers l’absence de dépendance n’est pas une route facile. Notamment pour les personnes qui interagissent les unes avec les autres de la même manière depuis de nombreuses années. C’est quelque chose de véritablement enraciné chez beaucoup en raison de schémas affectifs résultant de nombreuses années d’histoire.

Cependant, lorsque vous commencerez à travailler sur votre changement et que vous commencerez à vivre ces relations d’une manière plus saine, vous verrez à quel point le processus en vaut la peine. Il s’agit réellement d’amour, le bon et le véritable.

La personne que j’aime est une partie importante de ma vie, mais pas la seule.”

-Walter Riso-

  • Castello, J. (2000). Análisis del concepto “dependencia emocional”, Congreso Virtual de Psiquiatría.
  • Congost, S. (2017). Si duele, no es amor. Editorial Zenith.
  • Riso, W. (2003). Amar o depender?: cómo superar el apego afectivo y hacer del amor una experiencia plena y saludable. Editorial Norma.
  • Riso, W. (2004). Pensar bien, sentirse bien. Editorial Norma.
  • Rodríguez de Medina, I. (2013). La dependencia emocional en las relaciones interpersonales. ReiDoCrea: Revista electrónica de investigación y docencia creativa, 2: 143-148.
  • Valor-Segura, I., Expósito, F. y Moya, M. (2009). Desarrollo y validación de la versión española de la Spouse-Specific Dependency Scale (SSDS). International Journal of Clinical and Health Psychology, 9: 479-500.